Église de scientologie

Les données contenues dans cette fiche ont été recueillies lors d’une recherche documentaire menée à l’automne 2010 par Jean-Philippe L. Mineau, agent de recherche au CROIR.

Autres appellations

Église de scientologie internationale; Scientologie; Église de la Nouvelle Compréhension; Church of Scientology

Fondateur

Lafayette Ron Hubbard (1911-1986)

Groupe d’inspiration

ésotérique (origine occidentale)

Objectifs

  • Diffuser les enseignements du fondateur L. Ron Hubbard.
  • Permettre à l’être humain d’améliorer sa vie à travers la compréhension de soi et des autres.
  • Restaurer l’équilibre entre la connaissance scientifique et technologique et la connaissance de soi.
  • Permettre à l’être humain de résoudre lui-même ses problèmes.
  • Élever la conscience de l’homme vers une libération grâce au « Pont vers la liberté totale » (The Bridge to Total Freedom).

Présence

Mondiale.

Nombre approximatif  de  membres

8 000 000

Description générale

Bref historique

L’Église de scientologie a été fondée en 1954 par Lafayette Ronald Hubbard (1911-1986) qui en devient dès les débuts la figure centrale et la pierre angulaire. Sa biographie officielle rapporte de nombreux faits extraordinaires qui ont contribué à faire du lui un personnage légendaire auprès des membres de l’Église. De fait, il est parfois fois difficile de distinguer dans sa vie ce qui relève du mythe et ce qui relève des faits historiques.

L. Ron Hubbard est né le 13 mars 1911 à Tilden dans le Nebraska. Dans les années 1930, il poursuit des études en mathématiques et en ingénierie. En 1938, il écrit son premier traité philosophique intitulé Excalibur. Déjà connu en tant qu’auteur de science-fiction avant la Deuxième Guerre mondiale, Hubbard étonne son entourage lorsqu’il lui présente, en 1947, une première compilation des recherches qu’il a effectuées sur le mental. Intitulé Dianetics : The Original Thesis, ce document préliminaire ne sera d’abord distribué qu’à quelques-uns de ses proches. En 1949, il publie un premier article sur le sujet dans la revue Explorer Club Journal. En mars 1950, John W. Campbell, alors éditeur du magazine Astounding Science-Fiction, y publie un article faisant l’éloge de la dianétique dont il a lui-même expérimenté les bienfaits.

L’impact de l’article de Campbell est important et coïncide, deux mois plus tard, avec la publication du premier ouvrage officiel sur le sujet : Dianetics : The Modern Science of Mental Health et qui sera traduit en français par La dianétique. La puissance de la pensée sur le corps. Cette publication sera déterminante pour l’avenir de l’Église de scientologie qui la considère encore aujourd’hui comme une Å“uvre de référence de première importance. Quelques mois après la publication du livre, Hubbard ouvre le premier centre de consultation en dianétique : la Hubbard Dianetic Research Fondation à Elizabeth dans l’État du New Jersey. Il faudra attendre encore quelques années pour que soient réunis tous les éléments propices à fonder l’Église de scientologie.

Bien qu’il soit vite parvenu au haut de la liste des best-sellers, la thèse défendue dans La dianétique ne sera jamais acceptée par l’Association médicale américaine ni par l’Association psychiatrique américaine.

Le double rapport de la scientologie à une science sacralisante et sacralisée à travers la pratique de la dianétique contribue, selon certains spécialistes, à en faire un mouvement de type scientiste. Pourtant, dire que la scientologie sacralise la science, ce serait reconnaître l’authenticité du fondement scientifique de la dianétique, ce qui ne semble pas faire l’unanimité parmi les professionnels de la santé mentale et les scientifiques qui ont eu à se positionner à l’endroit de la dianétique et de la scientologie. Ensuite, c’est oublier que, bien qu’elle procède en des termes qui s’apparentent à ceux qui sont employés dans le domaine scientifique, la scientologie ne reconnaît dans la matière qu’une forme de distraction de l’état fondamentalement spirituel de la personne (le « thétan », voir plus bas). L’idée voulant que la science subatomique puisse répondre aux questions concernant les fondements du mental humain est certes associée à la dianétique, mais c’est l’élévation spirituelle par la pratique de la scientologie qui, ultimement, libère l’être humain des engrammes (voir plus bas) qui le maintiennent prisonnier de la matière. La scientologie utilise donc la science comme vecteur sacralisant en lui empruntant sa présentation pour formuler sa vision et ses connaissances sur le monde, mais ne sacralise pas la science pour autant.

En 2002, l’Église de scientologie rapportait plus de 3 000 Églises, missions et groupes affiliés, dans quelque 153 pays.

Convictions fondamentales

La dianétique est au cœur  de la doctrine de la scientologie, mais le mouvement puise également dans les croyances et aspirations des autres grandes religions. Selon les croyances des scientologues, l’être humain est naturellement bon, et ce sont ses expériences qui le rendent mauvais. La dianétique postule que l’être humain possède deux cerveaux : un cerveau analytique, qui est le centre des perceptions, de la raison et de la mémoire, et un cerveau réactif, qui emmagasine inconsciemment les traumatismes physiques et psychologiques, ce qu’Hubbard nomme les « engrammes ». La dianétique permet de se débarrasser de ces engrammes qui bloquent l’évolution psychique de l’individu afin de rendre la personne « claire » (clear).

La scientologie complète la théorie de la dianétique en associant l’interaction entre le mental analytique et le mental réactif à la notion de « thétan » à travers lequel elle entend fournir une explication de l’existence humaine. En résumé, la doctrine des scientologues s’appuie sur l’idée que des expériences traumatisantes, enregistrées sous forme d’engrammes, affectent la nature parfaite de l’être humain (le thétan) et l’entraînent dans sa déchéance.

La scientologie prétend avoir découvert la manière de se libérer du cycle de renaissances éternelles provoqué par l’accumulation d’engrammes et de l’incapacité de s’en défaire. Selon elle, ces engrammes se dévoilent à ceux qui s’engagent à sonder leur passé par la dianétique. En favorisant la réhabilitation du mental analytique et l’expression de l’être spirituel qu’il est réellement, la scientologie permet à l’individu de comprendre adéquatement les huit dynamiques de l’existence qui régissent le monde. Ces huit dynamiques représentent des sphères d’activités par lesquelles l’individu entre en contact avec l’univers qu’il habite.

La première dynamique concerne l’univers du « soi ». L’individu y est en relation avec lui-même et les choses qu’il possède. La quatrième dynamique intègre l’espèce humaine en entier, alors que la huitième dynamique englobe tout l’univers. Cette dernière dynamique est le principe de vie infinie. Par elle, on peut réellement saisir ce qu’est l’« Existence suprême » que d’autres tentent d’exprimer par la référence à Dieu. La compréhension, étape par étape, de ces dynamiques facilite l’existence d’un scientologue en lui permettant de mieux en comprendre les tenants et les aboutissants. En saisissant mieux l’interrelation entre les huit dynamiques qui régissent et ordonnent l’existence, l’adepte en arrive à maîtriser son propre rapport à la matière de sorte qu’il puisse s’en libérer.

Structure et organisation

Le parcours d’un scientologue est représenté sur un tableau appelé « Le pont ». Ce pont consiste en un chemin symbolique au-dessus des abîmes que l’être humain doit traverser pour être heureux. Concrètement, il propose une série d’étapes qui doivent être franchies par les scientologues et qui déterminent l’état de conscience de l’individu et le niveau de formation d’auditeur qu’il a atteint. Ce parcours est balisé de trente-quatre « états d’inconscience » et de vingt-et-un « états de conscience » placés en ordre de croissance vers l’état de conscience le plus élevé. Le pont est donc un indicateur du cheminement spirituel d’un scientologue.

Sites Web

http://www.scientology.org/home.html
http://www.scientologie-quebec.org/
http://www.scientology-montreal.org/

Quelques références

Clark, Jerom. « Dianetics », Dans J. Melton Gordon (dir),  New Age Encyclopaedia, Detroit, London, Gale Research Inc., 1990, p. 147-149.

Clarke, Peter B. « Scientology, Church of scientology », Dans Clarke, Peter B (ed.), Encyclopaedia of New Religious Movements, London and New York, Routledge, 2008, p. 511-512.

« Église de scientologie ». Dans Centre d’information sur les nouvelles religions (CINR) (éd.),  Nouvel âge… nouvelles croyances, Montréal, Pauline & Médialspaul, 1989, p. 133-137.

Lewis, R. James. Scientology, Oxford, Oxford University Press, 2009.

Melton, John Gordon. « The Church of Scientology », Dans Melton, J. Gordon (ed.), Encyclopaedic Handbook of Cult in America, New York & London, Garland Publishing Inc., 1986, p. 129-134.

Melton, John Gordon. « Church of Scientology ». Dans Melton, J. Gordon (ed.), Melton’s Encyclopedia of American Religious, 8th Edition, Détroit, Gale Cengage Learning, 2009, p. 793-795.

Melton, J. Gordon. « Scientology. Documents and Updates from CESNUR  », Center for studies on new religions (CESNUR) : http://www.cesnur.org/testi/se_scientology.htm.

« The church of scientology », Religious Movements Homepage Project (Université de Virginie) :
http://web.archive.org/web/20060827231213/religiousmovements.lib.virginia.edu/nrms/scientology.html.

Urban, Hugh B. « Church of Scientology ». World Religions and Spirituality Project (Université de Virginie) : http://wrldrels.org/profiles/ChurchOfScientology.htm.